Le commerce mondial au XXIe siècle
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IFRI. La rédaction de cet ouvrage a été achevée à la fin octobre 2002. Le commerce mondial au 21e siècle est une œuvre collective, réalisée au sein de l'IFRI ...

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Exrait

Le commerce mondial
au XXIe siècleIFRI
eLa rédaction de cet ouvrage a été achevée à la fin octobre 2002. Le commerce mondial au 21 siècle est une œuvre
collective, réalisée au sein de l’IFRI
_____________________Le commerce mondial
èmeau 21 siècle© Institut français des relations internationales, 2002.Table des matières de l’étude
Table des matières
p.3 Résumé
p.9 Personnes ayant participé à l’étude
p.10 Liste des abréviations
p. 11 CAHIER 1 : Les caractéristiques globales du commerce
ème
mondial au 21 siècle
p. 25 Chapitre 1 : Rétrospective historique des échanges internationaux
p. 39 Chapitre 2 : Rétrospective théorique de l’échange international
ep. 51 Chapitre 3 : Les grandes caractéristiques du commerce international au 21
siècle
p. 75 Chapitre 4 : Méthodologie prospective : l’approche scénaristique
ep. 91 Chapitre 5 : Scénarios pour le commerce mondial au 21 siècle
p. 135CAHIER 2 : Les perspectives sectorielles du commerce
èmemondial au 21 siècle
ep. 146 Chapitre 1 : Les mutations de la division internationale du travail au 21 siècle
ep. 177 Chapitre 2 : Les caractéristiques du commerce mondial des services au 21
siècle
ep. 195 Chapitre 3 : Les caractéristiques du commerce agroalimentaire au 21 siècle
ep. 213 Chapitre 4 : Les caractéristiques du commerce énergétique mondial au 21
siècle
ème
p. 253CAHIER 3 : Les politiques commerciales au 21 siècle
p. 260 Chapitre 1 : L’impasse de l’unilatéralisme : les cinquante prochaines années
mettront les États et l’approche multilatérale au cœur des rapports entre les sociétés
p. 263 Chapitre 2 : Deux approches multilatérales qui devront converger : l’approche
institutionnelle et les accords régionaux
p. 268 Chapitre 3 : Un changement de paradigme technologique qui augmentera les
affrontements entre préférences collectives
p. 271 Chapitre 4 : Les déterminants des politiques commerciales à venir : une
protection qui persiste en prenant de nouvelles formes plus complexes
p. 299 Conclusion
p. 305 Postface
p. 323 Annexes
1Résumé de l’étude
Résumé
La place de l’Europe dans le commerce mondial PIB mondial 2000 – 2050
èmeau 21 siècle peut être envisagée à travers deux « Europe : chronique d’un déclin annoncé »
scénarios extrêmes : ou bien l’Europe laisse les
2 21 22 1 1 ACP1tendances actuelles se poursuivre et celle-ci
75
10 OPEPconnaîtra un déclin prononcé de sa puissance 5 6
6 Australie-NZéconomique et par conséquent de sa position
16
23 Asie du Suddans le commerce mondial ; ou bien l’Europe
24
35 % 43 %
9 ASEANadopte une démarche volontariste pour 45 %
76réinventer sa puissance économique et Grande Chine
5
6commerciale et celle-ci demeurera au premier Japon-Corée du8
Sud
31 % 25rang des puissances mondiales. MERCOSUR
24
30 % 31 % 23 ALENA
3
3
4 Tiers Med
2Le premier scénario intitulé « Chronique
6
228 % CEI
24 %d’un déclin annoncé » repose sur la projection 22
18 20 %
12 UE 30des tendances lourdes de la population active,
2000 2020 2050de la productivité du travail, et de la
production, qui, à partir d’hypothèses sur les
élasticités des exportations et des importations
Exportations de biens 2000 – 2050par rapport au PIB permettent d’estimer le
« Europe : chronique d’un déclin annoncé »commerce mondial des différentes régions du
monde.
2 1 1Dans ce scénario, en 2050, le centre de gravité ACP5 5
2 18
2 2de l’économie mondiale s’est déplacé vers 2 OPEP2
14l’aire Asie-Pacifique. La Grande Chine
9 Australie-NZ21
représente près d’un quart du PIB mondial et
Asie du Sud12l’Asie un peu moins de la moitié, ce qui 17
ASEANcorrespond à un retour à la situation du début 1741 %
ème 49 %18 Grande Chinedu 19 siècle. La hiérarchie des puissances 51 %16
Japon-Corée ducommerciales a été profondément 4 11
3 Sud
3bouleversée : l’ASEAN est devenue la MERCOSUR
15
14première puissance exportatrice en raison du 19 % 17 % 14 ALENA
3 17 %3
4 2rôle de la diaspora chinoise qui contrôle et
Tiers Med5
2anime l’essentiel de l’activité économique et
30% CEI28 %
23 23du commerce du sud-est asiatique. Le poids 24% 17
UE 30commercial de l’UE 30 a fortement décliné, la
2000 2020 2050Grande Chine faisant désormais jeu égal avec
elle. La région Japon-Corée a subi une érosion
Le deuxième scénario intitulé « La
plus prononcée. En revanche, l’ALENA a
« puissance européenne réinventée »
maintenu sa part de marché.
ou « Europe Russie Méditerranée » reposeSi cette évolution se vérifiait, l’élargissement
sur l’hypothèse que l’UE entreprenne unede l’UE ne saurait suffire à garantir la parité
grande politique dite de « développement
avec les Etats Unis. L’Union pèserait de moins
intégré » avec la rive sud de la Méditerranée eten moins sur le cours de la mondialisation ;
la Russie, comportant plusieurs voletsune lente mais inexorable « sortie de
(économique, technique, politique). Dans ce
l’Histoire » est envisageable.
schéma, l’Union a lancé un vaste programme
de coopération technique visant à renforcer la
3IFRI
des élites scientifiques et techniques locales et ble sur le marché du travail au cours de la
à les fixer dans leur pays d’origine, notamment période 2020-2050.
par un programme de financement des univer- Dans ce scénario, l’UE 30 parvient à
sités et des centres de recherche locaux, maintenir son poids dans l’économie
monl’échange de professeurs et de chercheurs, le diale : elle représente près de 20% de
financement de séjours d’études dans les l’économie mondiale et fait jeu égal avec
universités européennes. l’ALENA et la Grande Chine. Le monde
Les réformes économiques et sociales entrepri- demeure tripolaire : l’ensemble « Europe
ses dans les pays de la CEI et du Processus de Russie Méditerranée » représente un tiers de
Barcelone ont permis un retour de la confiance, l’économie mondiale, l’Amérique un quart, et
et ce faisant, la remobilisation de l’épargne l’Asie n’atteint pas 40%. La hiérarchie des
domestique. Les perspectives de rendement ont puissances commerciales à connu de grands
bouleversements (cf. graphiques). L’UE 30 aété sécurisées par des politiques économiques
prévisibles, stables et discutées régulièrement conforté sa position de première puissance
commerciale du monde ; ses exportationsavec les instances multilatérales et l’Union.
Une partie des besoins de financement est représentent près de 35% du total des
exportaprovenue de l’épargne européenne et mondiale. tions en 2050, loin devant l’ASEAN (15%), la
La CEI (principalement la Russie) et les pays Grande Chine (12%) et l’ALENA (10%). La
méditerranéens ont également bénéficié région Japon-Corée a été dépassée par le Tiers
d’investissements directs massifs, qui ont Méditerranée. L’Union constitue également le
premier pôle de demande internationale avecpermis d’améliorer les infrastructures et de
rationaliser l’appareil productif. environ 30% du total des importations, suivie
par l’ALENA (22%) et le Tiers MéditerranéeLes pays méditerranéens ont pu profiter de la
(14%).fenêtre d’opportunité ouverte par une situation
PIB 2000 –2050démographique optimale en termes de
popula« Europe : la puissance réinventée »tion active sur la période 2000-2020. La Russie
a bénéficié de la modernisation de ses
infra21211111
1 ACP
structures, ce qui lui a permis d’asseoir son 75 8
OPEP
55
5développement sur un système d’enseignement
Australie-NZ
16et de formation dont la qualité ne s’est jamais 21
20 Asie du Sud
démentie, et le maintien de niches d’excellence
9 ASEAN
4
7dans les hautes technologies et la recherche 6 Grande Chine7
6
fondamentale. Japon-Corée du
Sud
1925
22 MERCOSUREn parallèle, l’UE a mené une politique
démoALENA
3graphique active et une politique 9
63 4 Tiers Med4d’immigration plus ouverte. Le regain de 28 % 28 % CEI
32 %
22 19dynamisme économique européen dans ce 18
UE 30
scénario repose exclusivement sur la
crois2000 2020 2050
sance de la population active ; les hypothèses
de croissance de la productivité du travail
retenues dans le premier scénario étant déjà Exportations de biens
très optimistes. 2000 –2050
« Europe : la puissance réinventée »Sur la période 2000-2020, le surplus de
population a résulté d’une politique d’immigration
21 144 1 ACP
2 1
8 2régulée et différenciée selon la situation des 2 OPEP2
1512
9 Australie-NZdifférents Etats-membres, assortie notamment
Asie du Sud1212 16d’une politique active de formation. Au total,
ASEAN
8
2pas moins de 30 millions d’immigrés sont 18 14 G rande C hine
10
3 Japon-Corée du4entrés en Europe sur cette période. De plus,
Sud
9
13 MERCOSUR3
15une politique volontariste de redressement de
ALENA63
44la natalité a été mise en œuvre : le nombre
Tiers M ed
30 % 34 % 47 %
35
CEId’enfants par femme a atteint ou dépassé le 2423
UE 30seuil de renouvellement des générations. Ce
2000 2020 2050
regain de vitalité démographique est
percepti4Résumé de l’étude
- les pays du Sud disposent a contrario d’une
force de travail pléthorique mais ne
L’Europe au 21ème siècle sera donc disposent pas des moyens matériels et en
confrontée à deux défis majeurs : ressources humaines pour les former, de
sorte que leur capacité d’apprentissage et
d’absorption des technologies étrangères
- Un risque de décrochage européen vis-à- reste limitée ; ceci dans un contexte où la
vis des Etats Unis dans les quatre secteurs diffusion technologique au plan
clés de la puissance (économique, international tend à se réduire du fait de la
technologique, culturel et militaire), qui privatisation croissante de la connaissance
induirait inévitablement un recul de (logiciel, vivant).
l’Europe dans le commerce mondial et une
spécialisation plus ou moins contrainte par
L’Europe et les régions en développement sontune dépendance technologique accrue. Elle
confrontées à un dilemme rigoureusementse traduirait également par un
opposé. La première va souffrir d’une pénurieaffaiblissement de la capacité européenne à
de facteur travail ; les secondes, d’une pénuriedéfendre ou promouvoir ses préférences
du facteur capital et d’un accès réduit aucollectives à un moment de l’Histoire où la
progrès technique.compétitivité repose plus que jamais sur
l’efficacité globale de la société, sa L’Europe peut envisager une politique
capacité à exister, en quelque sorte. d’ajustement d’inspiration malthusienne, visant
à modifier sa combinaison productive en
- Ce déclin relatif se produirait même dans
faveur du capital et au détriment du travail à
une Europe à 30 pays et s’inscrirait dans court ou moyen terme. Mais à long terme, ces
un contexte marqué par le déplacement du
facteurs ne sont plus substituables et
centre de gravité de l’économie mondiale
deviennent complémentaires. Les révolutions
vers l’aire Asie Pacifique, avec la Chine industrielles à venir, et notamment la
comme premier rival des Etats-Unis.
« robotique intelligente », modifieront
certainement en profondeur le rapport au- Le deuxième défi la concerne plus
travail ; celui-ci sera de moins en moinsindirectement mais peut troubler son avenir: le
manuel et de plus en plus intellectuel. Ildécrochage des régions en développement
visn’empêche, le travail humain, sa créativité età-vis des régions développées. Plusieurs
son efficacité, demeureront les moteurs de larégions sont susceptibles d’enregistrer un
croissance.retard de développement croissant, des degrés
divers (pays ACP, Tiers Méditerranée,
Mercosur élargi, OPEP, certains pays
Le défi auquel est confrontée l’Europe peut se
asiatiques). Ce décrochage pourrait être
résumer de la manière suivante : les jeunes,
sources de maux et d’instabilité internationale
l’éducation et la recherche et développement
dont l’Europe, de par sa proximité
d’aujourd’hui fondent la croissance
géographique, pourrait être la plus affectée :
économique et les avantages absolus et
explosion (ou implosion) démographique dans
comparatifs de demain. La sécurité constitue
les pays où le décrochage entraînerait une
également un aspect essentiel de l’équation,
paupérisation accrue, migrations massives de
qu’il s’agisse de sécurité classique, au plan de
population, replis identitaires ou religieux,
l’ordre public et de la gestion des menaces
montée des discours xénophobes.
extérieures, ou d’une sécurité plus diffuse,
qui pourrait être rapprochée d’une formeCes deux décrochages prennent
de sérénité reposant sur la confiance dansessentiellement leur source dans les mêmes
l’avenir, sur la robustesse et la profondeurvariables – démographie et progrès technique -
du projet européen. Ce seront lesmais suivant des configurations différentes :
connaissances accumulées au cours des
- l’Europe accuse un retard technologique prochaines décennies, la formation, les
qui se creuse de plus en plus et entre compétences et l’expérience de la population
progressivement dans un hiver active de demain qui détermineront les
démographique qui compromet à moyen et schémas de spécialisations.
long terme sa vitalité économique ;
5IFRI
Les avantages absolus et comparatifs doivent satisfaisantes à cette question. Cette absence de
donc être conçus de manière dynamique dialogue et de réflexion dans ce domaine, qui
comme des avantages acquis ou conquis. confine au tabou, abandonne dangereusement
ce champ politique à des discours xénophobes,Ce qui implique une vision de long terme
aux polémiques idéologiques, ainsi qu’à descomportant quatre piliers principaux.
tentations de replis identitaires, religieux ou
Un pilier démographique : le nécessaire communautaires.
redressement de la démographie
Un pilier technologique : La formation d’uneuropéenne
système européen d’innovation
Le redressement de la démographie
européenne requiert un « policy mix » d’un
genre nouveau : politique de l’enfance et Nos scénarios sur l’Europe tablaient sur des
politique d’immigration.
hypothèses optimistes en termes de
La question de l’immigration est d’ores et déjà progression de la productivité du travail. A
sur l’agenda politique des Etats membres et du long terme, l’augmentation de la productivité
Conseil des ministres européen, mais aucune du travail passe d’une part par des efforts
politique d’immigration européenne à la soutenus en termes d’éducation et de
hauteur des enjeux n’a été pour le moment formation, de recherche et développement, et
définie. d’incitation à l’innovation et à l’entreprise, et
d’autre part, par la formation d’un systèmeLa régulation des flux migratoires et
d’innovation fondé sur l’articulation desl’intégration des immigrés tant sur le plan
systèmes éducatif, de R&D et de production.
économique que socioculturel constituera l’une
èmedes questions majeures du 21 siècle. D’un En premier lieu, l’Europe doit mener un effort
point de vue économique, leur intégration et financier considérable pour rester dans la
leur contribution à la prospérité européenne course technologique, voire combler son retard
dépendront pour beaucoup de la capacité du vis-à-vis des Etats Unis qui possèdent une
système éducatif européen (école, université) à avance significative dans la plupart des
former les nouveaux arrivants. Du point de vue technologies qui détermineront la division
èmesocioculturel, la réussite de leur intégration internationale du travail au 21 siècle
dépendra en partie de l’état de la (technologies de l’information,
démographique européenne. Pour les biotechnologies, nanotechnologies…). Cet
ressources humaines les plus qualifiées des écart se creuse dans de nombreux domaines
régions les moins développés (pays ACP, Asie(électronique, informatique,
du Sud, Tiers Méditerranée, Mercosur), latélécommunications, logiciels,
vitalité, la créativité, et le dynamisme de biotechnologies). En conséquence, la position
l’économie européenne détermineront le choix de l’Europe dans les dépôts de brevets s’érode
du pays d’accueil. progressivement, notamment aux Etats Unis.
La question de l’immigration nécessiterait En deuxième lieu, l’Europe doit améliorer
donc d’être reliée à la question plus l’efficacité du système d’innovation européen
fondamentale de la vitalité démographique et s’efforcer de dissiper le « paradoxe
européenne. européen » de la R&D : excellence scientifique
mais faiblesse de l’innovation.Même si ce type de questions sociales n’est pas
du ressort des institutions européennes, suivant Le système européen d’innovation se compose
le principe de subsidiarité, la Commission d’un ensemble de système nationaux
pourrait néanmoins contribuer à les faire
d’innovation ayant leur histoire, leur formes
figurer sur l’agenda politique des Etats- institutionnelles spécifiques et leur
membres.
spécialisation scientifique et technique. Cette
Il est inutile de se leurrer : ni le passage à diversité est un atout. Mais beaucoup reste à
trente Etats - membres, ni les politiques faire pour maximiser les synergies dans le
actuelles d’immigration et d’accueil, ni le domaine de la recherche et de l’innovation.
débat d’essence malthusienne d’adaptation au Cela suppose notamment de trouver le juste
vieillissement –pour les retraites, par exemple- milieu entre convergence institutionnelle et
ne sont de nature à apporter de réponses préservation des idiosyncrasies nationales.
6