Le nouveau défi américain
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Le nouveau défi américain. Stratégies d'entreprises et politiques européennes *. «Ni les légions, ni les matières premières, ni les capitaux ne sont plus les ...

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Exrait

Le nouveau défi américain
Stratégies d’entreprises et politiques européennes *
«
Ni les légions, ni les matières premières, ni les capitaux ne sont
plus les marques, ni les instruments de la puissance. Et les usines
elles-mêmes n’en sont qu’un signe extérieur. La force moderne,
c’est la capacité d’inventer, c’est-à-dire la recherche ; et la capa-
cité d’insérer les inventions dans les produits, c’est-à-dire la tech-
nologie. Les gisements où il faut puiser ne sont plus, ni dans la
terre, ni dans le nombre, ni dans les machines. Ils résident dans
l’esprit, plus précisément dans l’aptitude des hommes à réfléchir
et à créer.
[…]
Dans cette notion de profit, dont il est de bon ton
de faire l’éloge indiscriminé aujourd’hui,
[…]
ce qui est le profit
réel pour l’entreprise comme pour la société,
c’est le fruit de l’in-
novation».
Jean-Jacques Servan-Schreiber,
Le défi américain
,
Denoël, 1967, p. 293.
À la fin des années 60, le défi américain que Jean-Jacques Servan-
Schreiber et son équipe avaient identifié était donc déjà celui de l’in-
novation. De plus, l’informatique était déjà au cœur de ce défi, celui de
l’émergence de la « société post-industrielle ». Pourtant l’Europe a
relevé le défi de la croissance après la Seconde Guerre mondiale. Les
grands pays européens, comme le Japon, ont opéré un remarquable rat-
trapage, avec une croissance de la productivité qui a longtemps été
supérieure à celle des États-Unis.
La construction européenne a constitué un élément fondamental du
rattrapage, comme le prévoyait d’ailleurs Jean-Jacques Servan-
Schreiber qui exhortait les Européens à accélérer leur intégration.
L’Europe a d’autre part bénéficié de son statut de suiveur ; les entre-
prises européennes ont notamment adopté les principes d’organisation
et de gestion que les groupes américains avaient mis au point dans
l’entre-deux-guerres. La présence d’entreprises américaines en Europe
1
* Notes de l’Ifri n° 24 à 29.
a facilité les transferts de connaissances et de pratiques, à la fois en sti-
mulant la concurrence et en offrant des modèles.
Dans les années 80, le défi japonais a succédé au défi américain. Lui
aussi a été largement relevé, à la fois par les entreprises américaines et
par les entreprises européennes. Il s’agissait à nouveau d’un défi orga-
nisationnel, et les entreprises ont souvent été en mesure d’adapter les
principes d’organisation japonais pour accroître simultanément la pro-
ductivité et la qualité.
Le
nouveau défi américain
apparaît d’une autre nature ; non plus orga-
nisationnel pour les entreprises, mais institutionnel impliquant des
changements dans l’organisation économique et sociale. Il s’agit en
effet de réussir à tirer parti de la vague d’innovation schumpeterienne
qui sous-tend la croissance fondée sur l’innovation qu’ont connue les
États-Unis depuis les années 90. Les débats sur les déterminants de la
compétitivité se sont donc élargis et enrichis depuis le début des
années 80 et le diagnostic d’eurosclérose qui avait stimulé le projet de
marché unique.
L’objectif de cette série de «Notes de l’Ifri» sur
Le nouveau défi amé-
ricain
est de mieux apprécier sa nature et d’examiner les moyens que
l’Europe met en œuvre, ou pourrait mettre en œuvre, pour le relever.
Certaines contributions se concentrent sur les stratégies des entre-
prises, qui diffèrent sensiblement des décennies précédentes dans le
contexte de la mondialisation. D’autres «Notes» analysent de façon
complémentaire les politiques publiques. Elles soulignent notamment
que la promotion de l’innovation et des nouvelles technologies ne
relève pas des seules politiques de l’innovation – mais plus de ce que
l’on pourrait appeler des politiques de changement. Les questions étu-
diées, de l’innovation technique à l’organisation du travail, permettent
d’aborder un thème majeur dans le contexte de la mondialisation, celui
de la convergence – ou non – des systèmes nationaux.
Frédérique Sachwald
Septembre 2000
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